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mardi 5 mai 2009

Le jour des enfants 어린이날

Le jour des enfants est une fête traditionnelle en Corée. Le 5 mai est à peu près perçu par les enfants coréens comme Noël chez nous. Les enfants recoivent des cadeaux, et les parents les emmènent dans les zoos, les cinémas et les parcs d'attractions, tous des endroits pour satisfaire l'esprit ludique des petits. En d'autres mots, il doit y avoir de la marmaille partout ce jour-là!

À l'origine, la fête avait lieu le 1er mai, date à laquelle un auteur de livres pour enfants, Bang Jeong-hwan, qui avait publié en 1923 une "Lettre ouverte aux adultes". Dans celle-ci, il proclamait que les "enfants étaient le futur de la nation" et il enjoignait les parents, entre autres, à traiter les enfants avec respect, afin de forger des adultes respectueux d'autrui.

La date a finalement été repoussée de quelques jours, puis est devenue un jour férié, où les parents peuvent donner toute leur attention à leur progéniture. Bonne fête des enfants, petit Kunwoo!

jeudi 26 février 2009

Maman de Corée

Dans les études donnant la parole aux adultes d'origine asiatique ayant été adoptés dans leur tendre enfance, le regret qui revient le plus régulièrement est de n'avoir pas reçu d'enseignement sur les traditions de leur pays de naissance. Même si notre enfant sera un petit Québécois comme tant d'autres, ses premières racines seront toujours en Corée. Comme je ne suis pas coréenne, je me fais un devoir d'approffondir sur les différentes coutumes et habitudes de vie des Coréens. Et si tous les devoirs étaient aussi intéressants, la vie serait parfaite!
À environ 2 mois de notre proposition, notre fils est sans doute déjà né depuis un moment, à l'autre bout du monde. Quoi de mieux alors comme sujet que celui des femmes et de leurs enfants. En vrac, voici donc quelques traditions de la famille coréenne. Certaines plus traditionnelles que d'autres.

Par le passé, alors que la naissance d'un garçon était très prisée, les familles sans héritier du nom devaient trouver un moyen d'assurer sa perennité. La belle-mère choisissait alors une femme de "remplacement" pour son fils, en espérant que celle-ci pourrait fournir la pièce manquante.

Au moment de la naissance, une mère était contrainte de n'être entourée que de "belles choses", On croyait que tout ce qui croisait le regard de celle-ci pourrait influencer l'apparence physique de l'enfant à naître. Aux ordures les fleurs fannées, et vite!!

Encore aujourd'hui, la femme enceinte est tenue de suivre un régime alimentaire très strict. Qui de mieux que belle-maman pour surveiller tout ça! Ce régime exclue formellement tout aliment "chaud" selon les termes de la pensée asiatique, puisque la maman est déjà "chaude". Aussi, pas de nourriture "brisée" ou "laide", comme des biscuits ou des nouilles cassés, ni de fruits poqués. Et surtout pas de viande de canard! L'enfant risquerait d'avoir les pieds palmés!

On prie la boddhisattva Avalokiteshvara, pour assurer la santé et la sécurité de l'enfant durant et après sa naissance.

On a recourt à un Chombok, ou un "diseur de bonne aventure" pour déterminer à l'avance le sexe de l'enfant, la date idéale de l'accouchement ou de la césarienne, ou pour déterminer le prénom de l'enfant.

Durant la naissance, nulle autre que la belle-maman pour surveiller les opérations et s'assurer que les traditions sont respectées. Elle veille à ses intérêts! Ouf! Pas de tout repos, la belle-mère.

Elle veillera entre autres à ce que la mère qui enfante de crie pas (!). Ce serait un signe de lâcheté, de faiblesse et de honte, qui risquerait d'être passés à l'enfant! Ouile ouille ouille!

L'une des deux grands-mamans s'occupera de tenir maison 21 jours après la naissance, période durant laquelle la maman qui se relève de couche ne doit rien faire (à part garder son bébé avec elle à tout moment).

Après la naissance, la mère est maintenant considérée "froide", toujours selon les termes de la pensée asiatique. Elle doit donc ne consommer que des aliments et des boissons "chauds", afin de réétablir l'équilibre interne. Durant 4 semaines, belle-maman ou maman s'assurera qu'elle ingurgite de grandes quatités de miyuk guk - jusqu'à écoeurantite aigue - une soupe à base d'algues qui aurait des propriété détoxifiantes.

Selon la tradition, seuls les membres de la famille immédiate peuvent rendre visite à l'enfant dans ses 100 premiers jours de vie. Historiquement, ça s'explique par le fait que le taux de mortalité infantile était tellement élevé, qu'on préférait attendre pour voir si le bébé surviverait avant de célébrer sa naissance. Une fête s'en suivait, le baek-il , toujours organisée aujourd'hui, sans doute comparable au "baby shower".

Dès la naissance de l'enfant, il est coutume de masser ses jambes, afin d'assurer une bonne croissance. Plus récemment, certains parents massent les paupières de leur bébé pendant son sommeil, dans l'espoir que celles-ci développent un pli, qui manque souvent aux paupières des Coréens, et qui est considéré comme très esthétique.
Les parents auront tendance à emmitouffler leur bébé de plusieurs couches de vêtements et de courverture et à l'envelopper très serré. La croyance populaire veut qu'un bébé ait toujours froid, et qu'il faut absolument le réchauffer.

La célébration la plus importante dans la vie du petit Coréen est son 1er anniversaire, le Tol. Encore une fois, historiquement, elle revêtait une importance capitale, puisqu'elle célébrait carrément la SURVIE de l'enfant pendant 1 an, l'année la plus à risque. Prières, nourriture traditionnelle et cadeaux au bébé sont de coutume. Aussi, certains autres éléments viennent s'y ajouter, comme le "test des carrières", qui consiste à placer devant l'anfant une série d'objet tels qu'un crayon et du papier, une arme en jouet, une boule de riz, des blocs de construction, etc. Chaque item doit représenter un métier différent. Ce que l'enfant choisira déterminera le futur métier de celui-ci. Mmmmm... boule de riz.... À cette occasion, on habille l'enfant de ses plus beaux atours traditionnels, le hanbok.

mercredi 25 février 2009

Filles vs. garçons

Bon, voilà LE sujet principal gravitant autour de l'adoption en Corée. Même si l'historique d'adoption internationale entre le Québec et la Corée du sud remonte à plus loin dans le temps, la réalité est que de nos jours, une écrasante majorité d'enfants d'ailleurs proviennent de l'Empire du Milieu: la Chine. Est-il encore nécessaire de mentionner, plus précisément, de petites Chinoises. Car comme on le sait, les petites filles n'ont pas toujours la cote dans ce pays. Pourquoi alors, dans un pays voisin comme la Corée du sud, on note une si grande prédominance d'enfants mâles en adoption?

La réalité est que bien des facteurs ont contribué à encenser le lignage de père en fils dans les pays asiatiques. Si la Chine se retrouve maintenant avec une population majoritairement masculine (120 hommes pour 100 femmes), la Corée s'est vite placée au second rang, avec un déséquilibre du même ordre. Dans les deux pays, ou le confucianisme est intégré profondément dans la société, ce lignage est des plus importants. En effet, c'est le fils qui s'occupera de ses parents dans leurs vieux jours, et qui aura par la suite l'obligation d'entretenir le culte des ancêtres après leur mort. La fille elle, s'occupera avec une dévotion sans pareil de ses beaux-parents. Avoir un fils, c'est mieux qu'un paquet de RÉER!

Alors pourquoi y a-t-il des garçons en adoption en Corée? C'est un signe que les choses changent. La croissance économique monstre qu'a connu le pays, et qui l'a fait quitté sa structure sociale pré-industrielle, est sans doute un facteur majeur. Avec ce tsunami de changement, une nouvelle réalité vient confronter les vieilles traditions. Les femmes, très marginalisées dans cette société patriarcale, ont vu leur niveau d'éducation élevé de manière astronomique. Avec leur arrivée dans le marché du travail, elles ont acquis la possibilité d'une indépendance économique, leur conférant une valeur sociale ajoutée. De plus, une politique plus moderne et ouverte sur le monde, doublée d'efforts du gouvernement pour redresser la situation par diverses mesures incitatives et campagnes sociales, contribuent à la transformation des mentalités.

D'un autre côté, les confusiannistes plus radicaux (ça fait drôle à dire) mènent la vie dure au changement. Le pire ennemi de celui-ci fut sans équivoque l'apparition des technologies de pointe en médecine. Ainsi, pour cause d'abus qui ont mené à l'infanticide de foetus-filles par le passé, il est considéré criminel pour un obstétricien, de révéler le sexe de l'enfant à venir aux futurs parents. Mais le renforcement a été plutôt faible, puisque les autorités craignaient que trop de médecins soient appréhendés!

N'empêche que malgré une population vieillissante qui s'accorche aux traditions, le processus de changement et de développement social est irréversible une fois entamé. Ayant apparu d'abord parmi les jeunes citadins pourvus d'une éducation, le glissement social se répand à toutes les fibres de la société, à l'intérieur d'une seule génération. Des parents verront maintenant la naissance d'une petite fille comme une bénédiction, voire un choix de premier ordre. Car si celles-ci savent souvent encore tenir maison, elles perfoment souvent mieux que les garçons dans le système d'éducation. Sans oublier qu'elles auront tendance à mieux s'occuper de leurs parents vieillissants.

Alors qu'il n'y a pas si longtemps, une femme se sentait obligée de s'excuser d'avoir enfanter une fille, Ms. Park, une éditeure en chef dans un quotidien coréen et mère de trois garçons affirme se faire maintenant offrir sympathies et susciter la compassion. En une génération, elle est passée de la femme la plus chanceuse à une pauvre femme qui attire l'empathie!

Selon la Banque Mondiale, la Corée du Sud est le premier d'un grand nombre de pays asiatiques souffrant d'un déséquilibre des sexes, à renverser la tendance.

mardi 24 février 2009

Podeagi - pour le petit koala coréen


Les petits coréens sont conditionnés comme de petits bébés-velcro. Pas trop tôt, la leçon d'indépendance!

À sa naissance, le bébé demeure idéalement aux côtés de sa mère à tout moment, même pour le dodo! Pendant la journée, comme il serait impossible pour la mère de le garder constamment au creux de ses bras, les Coréennes ont bien vite adopté un porte-bébé, le PODEAGI. Cette couverture bordée d'un long ruban large permet ainsi au bébé de rester collé au dos de sa maman alors qu'elle exécute ses tâches ménagères et autres activités quotidiennes. Le podeagi encerclera la tête du nouveau-né, et les épaules du bébé qui sait tenir la sienne, en collant toujours fermement les pattes du petit aux flancs de sa maman. Celui-ci pourra même se laisser aller vers le sommeil au besoin, sachant que maman n'est pas loin, avant d'être couché à ses côtés pour la nuit.
Ça nous promet des nuits mouvementées dans les premières semaines, alors qu'on devra déployer tous les efforts pour l'endormir dans son petit lit, tel que recommandé par les pédiatres d'ici!

mercredi 18 février 2009

Dîtes: KIM-CHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!

Il n'y a pas de repas coréen sans kimchi. On part de là. C'est un condiment, voire un ingrédient, qui trouve sa place sur toutes les tables, du repas familial d'un simple mercredi soir de semaine à la bouffe de halte-bouffe d'un centre commercial, en passant par le menu des grandes occasions. C'est un plat si omniprésent que le tout premier astronaute coréen a eu droit à sa ration de kimchi de l'espace lors de sa mission à bord du Soyuz! C'est pas parce qu'on est à des milliers de kilomètres de la Terre qu'on doit s'en passer!
Le kimchi 김치est donc composé de légumes fermentés et épicés. La fermentation se produisait, à l'origine, dans de grands vases en terre cuite, que l'on mettait sous terre jusqu'à plusieurs mois. La version la plus répandue et moderne est faite de chou chinois et de piments forts. Mais il existe une panoplie de variétés régionales et saisonnières. Les propriétés nutritionnelles du kimchi ne sont plus à prouver. Il est toujours fait de légumes riches en fibres et peu calorifiques, et contient tout un éventail de vitamines. Il est considéré comme étant très "santé". Seul son contenu parfois élevé en sodium pourrait être décrié.
À Seoul, tenez-vous bien, il y un un musée du Kimchi, dont la seule mission est d'informer les visiteurs sur tout ce qui est kimchi. Essayez donc de trouver un Musée du ketchup aux tomates, pour voir!

La prochaine fois qu'on veut vous prendre en photo, faîtes comme les Coréens et écriez-vous avec grand enthousiasme:
KIM-CHIIIIIIII!!!!!!!

lundi 26 janvier 2009

La légende des 12 signes astrologiques chinois

Plusieurs légendes explique la place de chaque animal dans l'astrologie chinoise. Voici celle que je préfère, dans mes propres mots.

Un jour, le Tigre -Roi de la Montagne-, le Dragon -Roi des Mers- et le Phénix -Roi des Oiseaux-, se sont présentés devant l'illustre Empereur de Jade. Ils venaient déposer une plainte officielle, à l'effet qu'ils étaient malmenés par les humains, qui ne leurs offraient pas le respect auquel ils avaient droit. L'Empereur réfléchit et annonça que tous les animaux étaient convoqués à une grande course à la 5e heure le lendemain matin. L'ordre des gagnants déterminerait la valeur de chacun, en garantissant une place céleste aux 12 premiers.

Au Royaume du Roi de la Montagne, le Chat, s'inquiétant de ne pas pouvoir se réveiller à temps pour la course, demanda au Rat de le secouer à l'heure dite. Le Rat lui promit de ne pas l'oublier. Mais à l'aube, le petit rongeur malin, voulant s'assurer une bonne place céleste, décida de faillir à sa promesse, et de partir en catimini vers le Palais de l'Empereur de Jade.

À l'heure convenue la veille, tous les animaux, sauf le Chat, étaient au rendez-vous. Le Phénix, géniteur du Dragon, annonça dans sa grande sagesse, qu'il s'abstriendrait. L'Empereur fit donc placer les animaux sur la rive d'une rivière qu'ils devaient traverser afin d'arriver aux pieds du Bouddha. Le signal de départ fut donner.

Le Rat, tout petit mais malicieux, demanda au Buffle de le porter entre ses cornes. Celui-ci, débonnaire et confiant, accepta sans hésitation d'aider son prochain. Le Buffle, avec son agilité à se mouvoir dans l'eau, sa grande force et sa ténacité, avançait en fendant les eaux. À l'approche de la rive, le Rat, peu scrupuleux, sauta de la grosse tête du Buffle, et se précipita aussitôt au point d'arrivée, s'assurant ainsi la 1re place, devant le bovin.

Doté d'une grande puissance et d'une bravoure exceptionnelle, le Tigre arriva ensuite, suivi immédiatement par le Lièvre, être chanceux et immortel.

Le noble Dragon en surprit plus d'un en n'arrivant qu'en 5e position. Mais ce monstre bienveillant, qui avait pris son envol dès le départ, avait alors aperçu, du haut des airs, la misère des paysans touchés par la sècheresse. Plus soucieux du bien-être des hommes que de son classement, il s'était arrêté pour leur apporter la pluie avant de reprendre son vol vers le Bouddha.

Sur ce, une cavalcade acompagnée de grandes éclaboussures annonça l'arrivée du Cheval. Glissant de sa crinière où il s'était caché, jaillit le Serpent qui fit sursauter le Cheval, pourtant si vif et intelligent. Le reptile gagna ainsi une place sur ce dernier, arrivant en 6e position sur l'autre rive.

À l'horizon, on vit apparaître la Chèvre, le Singe et le Coq, qui faisaient route ensemble. La Chèvre, gentille mais accablée d'une grande indolence, atteint les pieds de la statut la première, suivi du Singe, dont le manque de constance avait remporter sur sa réputation flatteuse, puis du Coq, trop conscient de son image pour laisser son perfectionnisme le mener vers une victoire honorable.

Ne manquaient plus que le Chien et le Porc, l'un ne pouvant justifier son grand retard que par son caractère joueur, l'autre par sa gourmandise et les nombreuses tentations qui jonchaient le chemin.

Le Chat, déjoué par le Rat, se réveilla finalement et arriva trop tard à la course pour être admis dans la voûte céleste. Contraint de rester seul sur la rive, il voua une animosité sans bornes et éternelle pour le Rat, et pour cette surface liquide qu'il ne put jamais traverser.

j.