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mardi 5 mai 2009

Le jour des enfants 어린이날

Le jour des enfants est une fête traditionnelle en Corée. Le 5 mai est à peu près perçu par les enfants coréens comme Noël chez nous. Les enfants recoivent des cadeaux, et les parents les emmènent dans les zoos, les cinémas et les parcs d'attractions, tous des endroits pour satisfaire l'esprit ludique des petits. En d'autres mots, il doit y avoir de la marmaille partout ce jour-là!

À l'origine, la fête avait lieu le 1er mai, date à laquelle un auteur de livres pour enfants, Bang Jeong-hwan, qui avait publié en 1923 une "Lettre ouverte aux adultes". Dans celle-ci, il proclamait que les "enfants étaient le futur de la nation" et il enjoignait les parents, entre autres, à traiter les enfants avec respect, afin de forger des adultes respectueux d'autrui.

La date a finalement été repoussée de quelques jours, puis est devenue un jour férié, où les parents peuvent donner toute leur attention à leur progéniture. Bonne fête des enfants, petit Kunwoo!

dimanche 5 avril 2009

Le Jour des Arbres 식목일 (Singmogil)

Au lendemain de la guerre de Corée, en 1953, les Coréens ont fait le triste constat que leurs forêts avaient été dévastées. Le gouvernement sud-coréen s'est alors lancé dans un vaste programme de reboisement à l'échelle nationale. C'est ainsi que fut institué le Jour des arbres, pour remédier à la destruction de la flore, et de la faune qui y habite. Cette fête nationale sert maintenant à commémorer l'effort commun pour la reconstruction du pays, mais aussi à rappeler aux citoyens l'importance du respect de la nature qui les entoure. Aujourd'hui, les sud-coréens continuent de planter des arbres et des fleurs le 5 avril de chaque année. Belle tradition, non?

samedi 4 avril 2009

La Corée en voie de disparition?

Lorsqu'on parle de baisse de la fécondité et de la natalité, on cite immanquablement le "cas de la Corée du sud". En effet, le pays affiche les plus faibles taux au monde en la matière. Les Coréens ne se reproduisent plus! Par conséquent, la population vieillit, si bien qu'elle figure aussi parmi les plus âgées de la planète.

Le taux de fécondité, qui en est temporairement à 1,2 enfant par femme, a touché le creux de la vague en 2005, avec une moyenne de 1 enfant par femme! Cette récente hausse s'explique par le fait que les deux dernières années étaient propices, selon l'astrologie chinoise. Mais la lente disparition de la population coréenne est une réalité qui doit être adressée. Le problème en est un de taille, puisque les effets se font ressentir dans plusieurs domaines de la société. La baisse des naissances est une bombe à retardement qui risque d'affecter la main-d'œuvre et d'assombrir à long terme les perspectives de croissance économique. Le nombre de personnes en âge de travailler fléchit sans cesse, et la moyenne d'âge monte dangereusement. Sans compter les coûts sociétaires évidents reliés à la subsistance d'un large bassin de population âgée.

Avec une pratique en obstétrique déclinante, grand nombre de cliniques ou des médecins pratiquant des accouchements doivent se recycler, faute de patientes! Le gouvernement devra prendre des mesures et vite! Ce qui est le plus étonnant, c'est qu'il n'y a pas si longtemps, dans les années '60 et '70, le gouvernement avait dû faire campagne pour réduire le nombre de naissances avec des slogans du genre : "Garçon ou fille, un enfant, c'est suffisant !" ou "L'absence de planning familial nous mène à la misère !". Il devra maintenant choisir entre encourager vivement les naissances par des incitatifs économiques et accueillir des immigrants, parmi l'une des populations les plus homogènes du globe. De son côté, le président Lee Myung-bak dit vouloir faciliter l'accès au logement et à la propriété pour les familles nombreuses. Le gouvernement semble avoir pris conscience de la gravité du problème, mais sa politique n'a pas encore prouvé son efficacité.

Notre Prince du Pays des Matins Calmes ferait-il parti d'une nation en voie d'extinction?

mercredi 4 mars 2009

La vague coréenne 한류

La Corée du sud est un des plus gros pays exportateurs mondiaux de sa culture. Particulièrement de sa culture populaire. Et le phénomène est si grand depuis les années 2000, qu'il a été nommé: la vague culturelle coréenne.
Cette vague, qui a déferlé d'abord sur l'asie de l'est, a rapidement rejoint différentes parties du monde. Les "Korean dramas", ces miniséries coréennes résonnent sur les télés tout autour du globe. Des masses de touristes des pays limitrophes s'entassent pour aller visiter les lieux de tournage de Winter Sonata, Automn Fairytale ou de Jewel in the Palace, pour n'en mentionner que quelques unes. Sans compter toutes les sensations de la musique K-pop qui font crier, s'époumoner et défaillir bien des jeunes femmes japonnaises, chinoises et taïwannaises.
Mesdames, je vous accorde que les chances sont minces pour que vous laissiez échapper de longs soupirs devant un portrait de 'Rain' ou que vous tourniez frénétiquement les pages d'un magazine à potins sur Bae Yong Joon en téléchargeant le dernier épisode de Winter Sonata de votre condo à Rosemont ou à Limoilou, votre maison à Sept-Îles ou votre appartement en France. Mais sachez messieurs que dans bien des pays asiatiques, les pressions d'une communauté masculine frustrée de voir ses femmes se pâmer sur la beauté et la virilité des hommes coréens ont finalement réussi à faire établir des quotas sur le temps d'ondes des productions en provenance du Pays du Matin Calme.
Tant que la vague ne se changera pas en tsunami pour tous nous engloutir, ce qui ne devrait pas arriver dans les prochains mois, je préfère gouter la culture coréenne sous forme d'un succulent bibimbap ou un bon BBQ coréen entre amis.

Et attendant, si vous permettez, j'attendrai sagement notre petite vague coréenne bien à nous.

mardi 3 mars 2009

Occupation japonaise (1910-1945)

Origines de l'occupation japonaise
Il existe déjà un traité d'alliance militaire - depuis 1894 - entre le Japon et l'Empire Coréen, pays pauvre et archaïque. D'abord par le traité de Porthmouth, scellant l'issue de la guerre russo-japonaise (1904-05), le Japon obtient le contrôle de la Corée, conditionnellement à sa reconnaissance de la main-mise des États-Unis sur les Philippines. La Corée sert de monnaie d'échange. Le protectorat est ensuite entériné par des accords bilatéraux (particulièrement le pacte Taft-Katsura), puis par un traité d'annexion en août 1910, signé par l'Empereur Sunjong sous la contrainte. Les Japonais la qualifient gentiment cette annexion: fusion nippo-coréenne.

La période d'occupation
L'Empire du Soleil Levant reigne en conquérant sur la péninsule coréenne, malgré la résistance des citoyens. Ses objectifs sont clairs: l'exploitation et le développement économique pour rentabiliser l'annexion, puis l'effacement de la culture coréenne. On cesse l'enseignement du Coréen dans les écoles dès 1941. Lors de la Seconde guerre mondiale, le territoire sert de réservoir aux Japonais, qui y puisent matières premières, denrées agricoles et main-d'œuvre à coût inférieur pour leurs usines. Beaucoup de femmes servent de prostituées, appelées femmes de réconfort, aux soldats de l'armée japonaise. Les manifestations contre l'occupation sont nombreuses, et les attentats de part et d'autres fréquents, ce qui a pour effet d'accroître progressivement la présence militaire nippone.

Le Japon est alors aux prises avec une population affamée et grandissante. Les Coréens deviennent métayers sur leurs propres terres. Les cutures d'hiver sont introduites, afin de doubler la production agricole. La culture du riz est généralisée, pour son meilleur rendement calorifique, mais malgré tout, la ration des Coréens passe de 126 litres par an et par personne à 72 litres! La malnutrition cause un exode rural massif, qui vient engorger la capitale, fournissant du même coup une main-d'oeuvre croissante dans les usines japonaises.

C'est d'abord dans le domaine des infrastructures que l'effort japonais se fait le plus important : 25 000 km de routes et 5000 kilomètres de chemin de fer sont construits en un tiers de siècle, dans un pays montagneux, avec tous les ouvrages d'art que cela suppose. De grands ports sont aménagés, le réseau d'écoles est engraissé afin de former une main-d'oeuvre plus qualifié, et des centrales hydroélectriques sont construites dans le nord. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 20 % de la production industrielle japonaise provient de la Corée.

Mais les conditions de vie sont misérables. Deux millions de Coréens sont directement réduits à l'esclavage. Certains partent travailler au Japon, d'abord volontairement, pour échapper aux dures conditions de vie en Corée; d'autres sont déportés pour répondre aux besoins de l'industrie nippone, au moment de la Guerre sino-japonaise (1937-1945). Des enrôlements de force dans l'armée ont également lieu, des tests médicaux inhumains sont pratiqués et les victimes de la lèpre sont soumis aux travaux forcés et stérélisés. Le taux de mortalité est très élevé.
En 1945, des milliers de Coréens contribuent à l'effort de guerre dans les villes de Nagasaki et d'Hiroshima. Au moment de l'explosion des bombes atomiques, environ 40 000 d'entre eux sont tués, et 30 000 exposés aux radiations. En d'autres mots, une victime sur sept est d'origine coréenne.
Pendant tout ce temps, subsistent des efforts de résistance culturelle, politique et militaire. Plusieurs Coréens fuient l'occupation, et divers groupes se forment, à l'étranger et localement.

Le retrait du Japon
La situation se maintient ainsi jusqu'à la reddition du Japon le 15 août 1945. La Corée est alors divisée en deux zones d'occupation administrées par l'Union soviétique au nord, et par les États-Unis au sud. Division qui placera les pions pour une catastrophe encore plus destructrice qui attend la Corée dans les années '50: la Guerre de Corée.

dimanche 1 mars 2009

Yu Kwan-sun, jeune martyre de l'indépendance coréenne

Née le 15 mars 1904, Yu Kwan-sun, une jeune élève fort pieuse et prometteuse est encouragée par une missionnaire américaine à entreprendre des études à l'école méthodiste Ewha pour femmes de Séoul.

Le 1er mars 1919 et les jours suivants, elle assiste et participe activement, avec des amies d'école, aux manifestations naissantes contre l'occupation japonaise. Devant la situation qui se détériore, le gouvernement d'occupation ordonne la fermeture de toutes les écoles. Kwan-sun en profite alors pour rejoindre son village natal, afin de répandre la fièvre d'indépendance. Aux côtés des membres de sa famille, elle contribue à l'organisation de manifestations regroupant plusieurs villages voisins. La veille des événements, elle se rend sur le Mont Maebong pour allumer un grand feu de camp, afin de montrer la route aux 3000 manifestants. Le jour même, pendant que la foule amassée sur les lieux scande "longue vie à l'indépendance coréenne!", la police militaire japonaise ouvre le feu, tuant les parents de Kwan-sun, ainsi que 17 autres personnes. La jeune femme est arrêtée, suite aux protestations contre mauvais traitements, et sa maison familiale est brûlée. Son oncle est aussi emprisonné durant 3 ans, après s'être présenté devant les autorités, portant le corps de son frère, en signe de protestation.
En prison, elle choisit de poursuivre de plus belle sur la voie de l'activisme. Le 1er mars de l'année suivante, à la date anniversaire des premiers soulèvements, elle organise des manifestations avec les prisonniers. Elle est par la suite torturée par les autorités de la prison, ce qui la conduit à sa mort, le 28 septembre 1920, à l'âge de 17 ans.


Soixante-dix ans après son décès, un lieu de sépulture est choisit sur les flancs du Mont Maebong, et son corps - découpé en morceaux et vulgairement enterré par les autorités, puis ensuite retrouvé - y est déposé avec tous les respects de circonstance.
Les honneurs posthumes qui suivent pour elle et les membres de sa famille ne se comptent plus. Même si ses actions pour l'indépendance ne se sont étendues que sur 21 mois, son nom demeure à ce jour une source d'espoir et un symbole de force pour le peuple coréen. Yu kwan-sun a rejoint les personnages emblématiques de la Corée, en tant que l'une des patriotes les plus célébrées.

1er mars : Jour du Mouvement d’Indépendance (Samiljeol ou 삼일절)

Ce jour férié commémore le coup d'envoi d’un mouvement d’indépendance de tout le pays, s’opposant à la colonisation japonaise. Le soulèvement général aurait été déclenché par la mort du dernier empereur Coréen, Kojong, qui aurait été empoisonné par les Japonnais. Ses funérailles ont eu lieu le 1er mars 1919.

Deux jours avant l'enterrement de Kojong, une déclaration d'indépendance a été lue dans le parc de la Pagode, à Séoul. Écoles et universités furent fermées cette journée-là, et une jeune femme de quinze ans, Yu Kwan-sun, prit courageusement la tête des manifestations. Arrêtée et torturée en prison, elle fut l'une des 7 000 victimes de la répression, et parmi les 40 000 personnes arrêtées.

D'autres futures personnalités coréennes, comme le cinéaste Na Un-gyu, participèrent également au soulèvement du 1er mars 1919. La biographie du président nord-coréen Kim Il-sung, souligne que le soulèvement du 1er mars 1919 l'a pour la première fois sensibilisé à la cause de l'indépendance de la Corée.
Chaque année, une lecture de la déclaration d'indépendance a lieu à Séoul, à l'endroit où elle fut prononcée la première fois.