La cigogne s'est enfin posée aujourd'hui, après un long voyage, portant avec elle des nouvelles qui viennent de loin. Un indice?jeudi 30 avril 2009
Le vol de la cigogne...
La cigogne s'est enfin posée aujourd'hui, après un long voyage, portant avec elle des nouvelles qui viennent de loin. Un indice?mardi 28 avril 2009
Questions indiscrètes...
Une famille qui se détache visiblement des autres, ça attire les regards. Ça attire aussi les questions de certains curieux qui ne peuvent résister à les poser. Les gens veulent savoir. Quand les questions se font trop indiscrètes ou maladroites, et surtout quand la scène se passe devant les enfants, mieux vaut avoir la délicatesse de les rediriger de manière diplomate. Dans la lignée du vocabulaire positif de l'adoption que j'ai déjà abordé, voici une liste de questions et des suggestions de réponses - que j'ai trouvées sur internet et que j'ai traduites et transformées à mon gré - qui peuvent souvent revenir quand on s'y attend le moins dans les lieux publics. 1. Avez-vous des enfants à vous?
Ceux-ci sont tous à moi. Mais je n'ai donné naissance qu'à mes deux plus jeunes.
2. Il est TELLEMENT chanceux de vous avoir eu dans sa vie, hein?
Je crois qu'on est tous chanceux de s'être trouvés pour former une belle famille. Une chance qu'on ça, comme on dit.
3. Son papa doit être Coréen, non?
Ses parents biologiques sont en effet Coréens, mais son papa, c'est le grand monsieur aux cheveux foncés qui lui donne des poussées sur la balançoire.
4. Qu'est-ce qui est arrivé à ses vrais parents? Pouvez-vous imaginer abandonner un enfant aussi mignon!
En fait, les vrais parents, c'est NOUS. Les raisons qui expliquent que certains enfants se
retrouvent en adoption sont variées et très complexes. Mais si vous vous intéressez au sujet, je peux vous donner les références de livres qui l'expliquent très bien. Vous pouvez aussi aller voir mon blogue.5. Il est tellement cute!
Merci, on trouve ça nous aussi. ;-)
6. Est-ce que les autres enfants sont ses VRAIS frères et soeurs?
Oui, ils ont eu le bonheur de le devenir, depuis qu'on a adopté celui-ci.
OU
Oui, et celui-ci a eu la chance de prendre ses frères et soeurs dans ses bras la journée même de leur naissance.
7. Je parie qu'il est fort en maths! On dit qu'ils ont un vrai don pour l'école!
Je pense qu'il est très fort, en effet. Mais je manque un peu d'objectivité, puisque je suis sa mère. Je vois tous ses succès comme la somme de très gros efforts de sa part.
8. Vous avez pas peur qu'il retourne chez ses vrais parents quand il va grandir?On est ses vrais parents. Votre question est plutôt personnelle, mais en gros, on n'est pas inquiets. Quand il sera adulte, on sera ravis de le voir développer de belles relations avec les gens qu'il choisira.
9. D'ou vient-il?
Ils viennent tous de Montréal, au Québec, mais mon plus vieux est né en Corée du Sud.
10. Qu'est-ce que vous savez de sa vraie histoire/sur ses vrais parents?
L'organisme qui a facilité l'adoption nous a fourni les informations dont nous avions besoin pour prendre une décision éclairée. Peut-être aura-t-il accès à plus d'information s'il le désire plus tard. Et il décidera de lui-même s'il veut que son histoire bien personnelle soit connue.
11. Pourquoi aller adopter un enfant à l'autre bout du monde quand il y en a pleins au Québec?
Notre choix de la Corée semblait un choix juste pour notre famille. L'adoption au Québec est un processus incertain et excessivement long. Est-ce que vous, vous avez adopté un enfant né au Québec?
12. Avez-vous adopté parce que vous vouliez, ou parce que vous n'aviez pas le choix?
L'adoption est toujours un choix. Le seul regret qu'on a, c'est de ne pas avoir adopté plus tôt.
13. Combien ils vous ont coûté?
Les enfants n'ont pas de prix. On a payé ce qu'on devait payer, par l'intermédiaire de deux organismes agréés par les gouvernements québécois et coréen, pour les différentes étapes à franchir, ainsi que pour les formulaires d'immigration, notre séjour à l'étranger, nos rencontres avec un travailleur social, les frais médicaux de l'enfant, etc.
ou
Et vous, combien vous pesez?
14. Est-ce qu'il parle français?
Seulement en privé. En public, il parle "bébé"/il parle pas trop, il est très timide.
3 mois +
On a dépassé le cap du trois mois d'attente avant la réception de la proposition. Il semblait que la Corée avait le vent dans les voiles dans les derniers mois, mais nous serons arrivés juste après cette vague, apparemment. Depuis deux semaines, aucune proposition n'a été envoyée à l'organisme. Et comme on nous a informés que le type en charge des envois est en vacances cette semaine - ou je ne sais trop quoi - rien ne bougera avant la semaine prochaine.
Ce sera donc pour le mois de mai!
dimanche 26 avril 2009
Unique au monde
Tu n'es pas encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
Le petit arrive dans la maison qui est maintenant la sienne. Il ne le sait pas encore. Les adultes qui lui sourient sont ses parents. Mais il ne le sait pas encore. Pour le moment, il est sous le choc des changements qu'il vit, et sous peu, aussitôt qu'il comprendra que ses besoins fondamentaux sont comblés sans effort, et de manière rapide, cohérente, chaleureuse et prévisible, il sera en mode exploration de son nouvel environnement. Il doit aussi apprivoiser tranquillement ces étrangers qui l'entourent, et réciproquement, se laisser apprivoiser. Il développera idéalement un lien durable et solide avec ses parents, qui lui servira de base émotionnelle durant toute sa vie. C'est ce qu'on appelle communément l'at-ta-che-ment.
Mais l'enfant adopté n'est pas différent des autres en ce domaine. Le poupon qui arrive de l'hopital dans les bras de sa maman et son papa devra aussi passer par les étapes menant à l'attachement. Celui-ci ne se fait pas automatiquement. L'attachement mutuel et instantané n'existe pas; c'est un processus lent, mystérieux et parfois difficile. On aura tendance à penser qu'une petite fille qui se précipite dans les bras des parents d'autres enfants de la garderie sans gêne et sans pudeur est mignonne et très sociale. Mais peut-être ne lui a-t-on jamais fourni les conditions idéales à un attachement profond avec des personnes significatives à la maison et qu'elle tente de trouver de l'attention chez tout adulte qui passe. C'est l'instinct de survie. Il ne faut pas perdre de vue qu'adaptation n'égale pas attachement.
(Extrait du dialogue avec le renard, Petit Prince de Saint-Exupéry)
Le petit arrive dans la maison qui est maintenant la sienne. Il ne le sait pas encore. Les adultes qui lui sourient sont ses parents. Mais il ne le sait pas encore. Pour le moment, il est sous le choc des changements qu'il vit, et sous peu, aussitôt qu'il comprendra que ses besoins fondamentaux sont comblés sans effort, et de manière rapide, cohérente, chaleureuse et prévisible, il sera en mode exploration de son nouvel environnement. Il doit aussi apprivoiser tranquillement ces étrangers qui l'entourent, et réciproquement, se laisser apprivoiser. Il développera idéalement un lien durable et solide avec ses parents, qui lui servira de base émotionnelle durant toute sa vie. C'est ce qu'on appelle communément l'at-ta-che-ment.
Il ne faut pas toujours se fier aux apparences. L'attachement est une chose ardue à identifier, puisqu'elle est en constante évolution. Le phénomène prend au moins plusieurs mois, voire des années à apparaître. L'enfant qui, dès les premiers jours, semble heureux, offre de beaux grands sourires à ceux qui l'entourent et n'hésite pas à distribuer des câlins à tout le monde n'est pas un enfant "attaché". Si un tout-petit est TROP sociable, c'est peut-être qu'aucune personne en particulier n'est à ses yeux unique au monde, et il ne se sent unique au monde pour personne. S'il est TROP docile, c'est peut-être qu'il a très peur d'être rejeté en étant lui-même. Pour que l'attachement se développe, il faut qu'il se sente important et unique pour ses parents. Il faut aussi qu'il les perçoive comme dignes de confiance, en tout temps, et qu'il se sente en sécurité avec eux. Il doit sentir qu'il peut exposer ses vulnérabilités sans avoir peur d'être abandonné.
Mais l'enfant adopté n'est pas différent des autres en ce domaine. Le poupon qui arrive de l'hopital dans les bras de sa maman et son papa devra aussi passer par les étapes menant à l'attachement. Celui-ci ne se fait pas automatiquement. L'attachement mutuel et instantané n'existe pas; c'est un processus lent, mystérieux et parfois difficile. On aura tendance à penser qu'une petite fille qui se précipite dans les bras des parents d'autres enfants de la garderie sans gêne et sans pudeur est mignonne et très sociale. Mais peut-être ne lui a-t-on jamais fourni les conditions idéales à un attachement profond avec des personnes significatives à la maison et qu'elle tente de trouver de l'attention chez tout adulte qui passe. C'est l'instinct de survie. Il ne faut pas perdre de vue qu'adaptation n'égale pas attachement.
Et pourquoi est-ce si important l'attachement? C'est ce qui permet à un être humain de développer des relations dans sa vie. De développer sa conscience. De relativiser l'importance des choses. D'atteindre son plein potentiel intellectuel. De développer l'habileté à penser de façon logique, et celle de gérer le stress et les frustrations, la peur et l'anxiété. Ce qui permet de devenir résilient face à l'adversité. Ce qui permet en gros de devenir un être autonome.
On suggère aux nouveaux parents adoptifs de garder au minimum les contacts directs entre l'enfant et d'autres adultes dans les premiers temps. Afin de faciliter cet attachement et de faire rapidement comprendre à l'enfant que ses premières personnes-ressources sont ses parents; ce sont eux et seulement eux qui doivent le prendre dans leurs bras pour le rassurer, le consoler, le cajoler, le promener, l'aider, et satifaire tous ses besoins de base. Les proches de parents adoptants ont, avec raison, souvent beaucoup de mal à comprendre qu'on leur refuse de prendre le petit dans leurs bras dans les premiers mois. Ce ne sont là pourtant pas des caprices de parents surprotecteurs, mais bien une consigne de base en adoption. Car il faut poser une base solide pour arriver à bâtir des relations saines par après. Il faut que, malgré tout ce qui a pu survenir dans le passé de l'enfant, malgré tout ce que sa petite tête a enregistré, qu'il puisse enfin se laisser aller à se sentir unique au monde.
Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes se
ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sur terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé! Le blé qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...
ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sur terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé! Le blé qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...
(Extrait du dialogue avec le renard, Petit Prince de Saint-Exupéry)
samedi 25 avril 2009
Advienne que pourra...
Ce sont là des questions qu'on a le "luxe" de se poser sur le Plateau Mont-Royal, en 2009. Mais est-ce que c'est possible d'y répondre vraiment avant d'avoir essayé la chose? Et je ne parle pas d'emprunter les petits neveux le temps que leurs parents se reposent. Garder ceux des autres, c'est pas pareil. Je parle d'essayer d'avoir ses propres enfants. Le problème avec cet énoncé jaillit aussitôt dit, puisque les bambins - bio ou adoptés - ne peuvent pas être retournés une fois qu'on les laisse entrer dans la maison. Pas moyen donc de savoir à l'avance. Que reste-t-il donc comme solution? Foncer dans le tas! Advienne que pourra! Je crois que rien que le fait de se poser trop longtemps la question est une réponse en soit. Quand on en vient à se lasser de s'appitoyer, de remettre tout en question, de trop réfléchir, et de se fouiller dans le nombril, et de se demander pourquoi-je, peut-être est-ce un signe qu'on est du pour penser à quelqu'un d'autre, aux pécadilles du quotidien, et à quel légume on mettra en purée pour le souper du petit.
Alors on foncera dans le tas à deux, pas plus brillants ni mieux préparés que les autres. Je veux bien devenir cette maman dans le métro, à laquelle on sourit en coin, alors qu'elle tente de désamorcer une crise de son bout-d'choux. Advienne que pourra.
jeudi 23 avril 2009
Pour passer le temps...
Si certains d'entre vous se questionnent sur le pourquoi du comment-c'est-faire que mon assiduité récente à perdu sa cadence, c'est que devant le manque de nouvelles de Corée, je me suis trouvée une petite activité pour passer le temps: tomber malade. Eh oui! Les attaquent virales multiples meublent bien les dures soirées de travail qui se terminent à minuit. À quoi sont-elles dues? Sûrement pas au fait qu'au boulot, on exige plus de moi en échange de moins, avec moins de moyens, et moins de personnel... Sûrement pas non plus au fait que ça fait quelques semaines que je me dis que la semaine prochaine sera la bonne pour la réception de notre proposition... Et là, sûrement pas au fait que je me suis déniché une petite amygdalite bien fièvreuse à faire des jaloux pour commencer, et que ça a viré en fiesta de virus! Bref, j'sais pas du tout d'où ça vient... Je vous reviendrai aussitôt que je serai parvenue à ingurgiter mon repas mou à travers une paille.
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