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mardi 28 avril 2009

Questions indiscrètes...

Une famille qui se détache visiblement des autres, ça attire les regards. Ça attire aussi les questions de certains curieux qui ne peuvent résister à les poser. Les gens veulent savoir. Quand les questions se font trop indiscrètes ou maladroites, et surtout quand la scène se passe devant les enfants, mieux vaut avoir la délicatesse de les rediriger de manière diplomate. Dans la lignée du vocabulaire positif de l'adoption que j'ai déjà abordé, voici une liste de questions et des suggestions de réponses - que j'ai trouvées sur internet et que j'ai traduites et transformées à mon gré - qui peuvent souvent revenir quand on s'y attend le moins dans les lieux publics.

1. Avez-vous des enfants à vous?

Ceux-ci sont tous à moi. Mais je n'ai donné naissance qu'à mes deux plus jeunes.

2. Il est TELLEMENT chanceux de vous avoir eu dans sa vie, hein?

Je crois qu'on est tous chanceux de s'être trouvés pour former une belle famille. Une chance qu'on ça, comme on dit.


3. Son papa doit être Coréen, non?

Ses parents biologiques sont en effet Coréens, mais son papa, c'est le grand monsieur aux cheveux foncés qui lui donne des poussées sur la balançoire.

4. Qu'est-ce qui est arrivé à ses vrais parents? Pouvez-vous imaginer abandonner un enfant aussi mignon!
En fait, les vrais parents, c'est NOUS. Les raisons qui expliquent que certains enfants se
retrouvent en adoption sont variées et très complexes. Mais si vous vous intéressez au sujet, je peux vous donner les références de livres qui l'expliquent très bien. Vous pouvez aussi aller voir mon blogue.

5. Il est tellement cute!
Merci, on trouve ça nous aussi. ;-)

6. Est-ce que les autres enfants sont ses VRAIS frères et soeurs?

Oui, ils ont eu le bonheur de le devenir, depuis qu'on a adopté celui-ci.
OU
Oui, et celui-ci a eu la chance de prendre ses frères et soeurs dans ses bras la journée même de leur naissance.


7. Je parie qu'il est fort en maths! On dit qu'ils ont un vrai don pour l'école!

Je pense qu'il est très fort, en effet. Mais je manque un peu d'objectivité, puisque je suis sa mère. Je vois tous ses succès comme la somme de très gros efforts de sa part.

8. Vous avez pas peur qu'il retourne chez ses vrais parents quand il va grandir?

On est ses vrais parents. Votre question est plutôt personnelle, mais en gros, on n'est pas inquiets. Quand il sera adulte, on sera ravis de le voir développer de belles relations avec les gens qu'il choisira.


9. D'ou vient-il?

Ils viennent tous de Montréal, au Québec, mais mon plus vieux est né en Corée du Sud.


10. Qu'est-ce que vous savez de sa vraie histoire/sur ses vrais parents?

L'organisme qui a facilité l'adoption nous a fourni les informations dont nous avions besoin pour prendre une décision éclairée. Peut-être aura-t-il accès à plus d'information s'il le désire plus tard. Et il décidera de lui-même s'il veut que son histoire bien personnelle soit connue.

11. Pourquoi aller adopter un enfant à l'autre bout du monde quand il y en a pleins au Québec?
Notre choix de la Corée semblait un choix juste pour notre famille. L'adoption au Québec est un processus incertain et excessivement long. Est-ce que vous, vous avez adopté un enfant né au Québec?


12. Avez-vous adopté parce que vous vouliez, ou parce que vous n'aviez pas le choix?

L'adoption est toujours un choix. Le seul regret qu'on a, c'est de ne pas avoir adopté plus tôt.


13. Combien ils vous ont coûté?

Les enfants n'ont pas de prix. On a payé ce qu'on devait payer, par l'intermédiaire de deux organismes agréés par les gouvernements québécois et coréen, pour les différentes étapes à franchir, ainsi que pour les formulaires d'immigration, notre séjour à l'étranger, nos rencontres avec un travailleur social, les frais médicaux de l'enfant, etc.
ou
Et vous, combien vous pesez?


14. Est-ce qu'il parle français?

Seulement en privé. En public, il parle "bébé"/il parle pas trop, il est très timide.

jeudi 16 avril 2009

Prise de position

L'actrice américaine blondinette Kristin Chenoweth (de laquelle je serais bien en peine de vous nommer ne serait-ce qu'un seul film) a fait un appel aux médias, au sujet de leur façon de désigner les enfants issus de l'adoption. Elle-même adoptée à la naissance, elle les implore de cesser de différencier les enfants adoptés à l'international par des célébrités et leurs enfants biologiques. Elle insiste que ce simple choix de mots perpétue les préjugés. Le fait d'entretenir la distinction, en parlant des enfants adoptés et des autres enfants d'une certaine actrice hollywoodienne, par exemple, est parfaitement inutile, puisqu'ils sont TOUS ses enfants. Adoptés ou pas.

Bravo pour une prise de position publique sur le vocabulaire positif de l'adoption! Ça va pour les célébrités, mais aussi dans le vie de tous les jours.

mercredi 8 avril 2009

Le vocabulaire positif de l'adoption

Choisir les bons mots quand on parle d'adoption peut mener loin, et même contribuer à faire évoluer la perception que les gens ont de cet acte d'amour. Sans qu'on s'en rende vraiment compte, un simple changement dans une formulation peut revêtir une tout autre connotation. À l'inverse, une formulation négative peut perpétuer le mythe encore vivant que l'adoption est une solution de dernier recours. Aidez à éduquer les autres sur le sujet de l'adoption, par un choix plus judicieux de vocabulaire.

Voici quelques exemples:

On dira PARENT BIOLOGIQUE
au lieu de VRAI PARENT.
On dira ENFANT BIOLOGIQUE
au lieu de NOTRE PROPRE ENFANT À NOUS.
On dira MON ENFANT
au lieu de MON ENFANT ADOPTÉ.
On se présentera comme PARENT
plutôt que comme PARENT ADOPTIF.
On parlera d'un ENFANT NÉ HORS-MARIAGE
plutôt que d'un ENFANT ILLÉGITIME.
On dira que la maman biologique a CONFIÉ son enfant à l'adoption
et non DONNÉ son enfant à l'adoption.
On parlera d'un enfant EN ATTENTE
plutôt qu'un enfant ADOPTABLE.
On dira CRÉER UN CONTACT avec la famille biologique
plutôt que faire référence à une RÉUNION.
On dira qu'ON A ADOPTÉ notre enfant
et non QU'IL EST ADOPTÉ.

vendredi 3 avril 2009

Maman et maman et papa et papa

Non, je ne me lance pas dans un débat sur l'adoption par des couples gais, mais dans une toute autre direction. Une réalité qui ne peut être ignorée quand on adopte un enfant, c'est que celui-ci arrive avec un passé, une origine et un arbre généalogique bien à lui. Même s'il est transplanté dans un milieu aimant, et qu'il parvient à se refaire des racines généreuses dans un sol riche, il conserve toujours une attache avec son pays d'origine. Même si il apprendra à nous appeler 'maman' et 'papa', et que nous serons là pour lui et pour toujours, une autre silhouette sera présente à ses côtés. Il s'agit de sa maman d'origine. Et de son papa, bien sûr.

Dans les débuts de l'adoption internationale au Québec, la tendance était d'intégrer l'enfant sans heurts (on croyait), en prétendant qu'il n'avait rien de différent avec les autres enfants. L'idée était de ne pas parler du sujet de l'adoption, pour ne pas ouvrir de plaies inutilement. On sait maintenant que la communication est l'une des pièces maîtresses d'une famille adoptante unie. Les recherches récentes en adoption, basées sur bien des années d'observation, pointent dans la direction d'un objectif bien clair: un dialogue ouvert sur le sujet. Avant l'adolescence, l'enfant doit connaître TOUTE l'information que l'on détient sur son adoption. Le dialogue doit se faire de façon spontanée, au rythme de ses questions, et progressivement. L'enfant doit sentir qu'il a le droit d'en parler, et qu'il ne blessera personne en le faisant.

Sa maman et son papa d'origine donc, demeureront des figures présentes dans son développement. Mais la question se pose: comment désigne-t-on ses personnes si importantes dans sa vie, mais qu'il n'aura possiblement jamais l'occasion de connaître? En anglais, il y a une expression qui dit que l'enfant a sa Tummy Mommy et sa Heart Mommy (maman de ventre et maman de cœur). Une image simple à laquelle un jeune enfant peut se raccrocher, mais qui ne sonne pas trop bien en français. Pour leur part, 'mère biologique' et 'mère d'adoption' sont un tantinet trop administratifs à mon goût, et ne laissent pas beaucoup de place à tout l'amour éprouvé par deux femmes qui ne se connaissent pas, pour un seul et même enfant. Certains opteront simplement pour le classique 'ta maman' et 'ta maman de Corée'. On peut aussi dire "première" et "deuxième" maman, mais ça implique qu'une fois que moi, la 2e maman, je rentre en jeu, la "première" n'a plus sa place. Il y a toujours l'option de préciser de quelle maman on parle en utilisant le prénom à la suite: Maman Josiane et Maman Chung Ae, par exemple. Dans le cas de l'adoption en Corée, on a la chance de connaître l'identité des parents, ce qui rend cette méhode plus facile. Mais vous avez peut-être une idée autre que celles-ci sur le sujet?

Tummy Mommy - Heart Mommy
(maman de ventre - maman de coeur)

mère biologique - mère adoptive

maman - maman de Corée

première maman - deuxième maman

Maman Josiane - Maman Chung Ae