jeudi 9 avril 2009

L'autre mère

À la suite de la mise en ligne d'un de mes billets précédents, ma soeur m'a parlé d'une lettre qui a été publiée par un magazine de madames, dans le cadre d'un projet de compilation de témoignages sur les mamans. J'ai pensé, lorsqu'elle me l'a lu au téléphone, qu'il serait très à propos dans ces pages. Je me rends compte que je suis un peu tôt pour la fête des Mères, mais vous me pardonnerez, j'en suis sûre.

Voici donc la magnifique lettre qui a été envoyée par France, 39 ans.

Quand je vois danser cette enfant de 4 ans, gracieuse et inspirée, je me dis que ce talent vient peut-être de toi, 'l'autre mère' de ma fille... Si tu la voyais sourire! Et si tu entendais ses expressions! Tu te reconnaîtrais peut-être. Je t'imagine vraiment très belle, parce qu'elle est magnifique. Devant l'impossibilité de lui offrir ce que tu souhaitais de mieux, tu l'as menée, à ta façon, de la Chine jusqu'à nous. Tu l'as portée; je l'ai bercée. Ce don de soi dont tu as fait preuve, je le porte en moi. En cette fête des Mères, puisses-tu ressentir ce message. Elle est ricaneuse, libre et épanouie. C'est grâce à toi, et c'est sans doute ce que tu voulais pour elle. Pour toujours, tu peux compter sur moi.

Petit retour en arrière

Au mois de juillet dernier, je recevais la newsletter du SAI, informant qu'un nouvel organisme venait de recevoir son accréditation pour faciliter les adoptions au Ghana par des Québécois. Child of Mine ne pouvait signer que cinq contrats, vu que le projet entamait sa phase pilote. Je n'avais alors fait ni une ni deux, et m'étais précipitée sur le téléphone, à la grande surprise de la gentille dame au bout du fil. J'avais recueilli l'information, m'étais assurée que Nicolas et moi correspondions aux critères de sélections des candidats, et en avait parlé avec beaucoup d'enthousiame à mon tendre époux ce soir-là. Sa réponse avait été immédiate et positive. Le 1er août, le contrat était signé avec l'organisme. Nous étions les tout premiers pionniers dans cette aventure.

Alors qu'on entamait les procédures, j'avais créé ce blog, relatant notre aventure. À force de visites sur Internet afin de recueillir le plus d'informations possible, je suis entrée en contact avec d'autres couples qui avaient aussi signé un contrat avec le même organisme, et qui étaient prêts à se lancer dans le vide. Depuis, les choses ont bougé, et si nous avons changé de cap vers la Corée du sud, j'ai toujours suivi d'un oeil distant mais attentif ce qui se passait du côté de l'adoption au Ghana. Or, je ne peux pas passer ceci sous silence... Des trois couples avec lesquels j'ai eu le plaisir d'être en communication, deux ont reçu récemment une proposition pour un enfant ghanéen. C'est une belle nouvelle, et je ne peux pas m'empêcher de partager leur joie. Ils partiront pour le Ghana, si tout va bien, d'ici la fin du mois d'avril, pour un séjour de trois mois! Ces prochains mois seront sans doute forts en émotions, et je leur souhaite de tout coeur une magnifique rencontre avec leur Trésor du Ghana. Je souhaite aussi sincèrement que la proposition de nos amis, le troisième couple en attente, ne tarde plus, et qu'ils puissent suivre la joyeuse épopée de parents gloussants en Afrique sub-saharienne. Notre coeur sera avec vous.

mercredi 8 avril 2009

Le vocabulaire positif de l'adoption

Choisir les bons mots quand on parle d'adoption peut mener loin, et même contribuer à faire évoluer la perception que les gens ont de cet acte d'amour. Sans qu'on s'en rende vraiment compte, un simple changement dans une formulation peut revêtir une tout autre connotation. À l'inverse, une formulation négative peut perpétuer le mythe encore vivant que l'adoption est une solution de dernier recours. Aidez à éduquer les autres sur le sujet de l'adoption, par un choix plus judicieux de vocabulaire.

Voici quelques exemples:

On dira PARENT BIOLOGIQUE
au lieu de VRAI PARENT.
On dira ENFANT BIOLOGIQUE
au lieu de NOTRE PROPRE ENFANT À NOUS.
On dira MON ENFANT
au lieu de MON ENFANT ADOPTÉ.
On se présentera comme PARENT
plutôt que comme PARENT ADOPTIF.
On parlera d'un ENFANT NÉ HORS-MARIAGE
plutôt que d'un ENFANT ILLÉGITIME.
On dira que la maman biologique a CONFIÉ son enfant à l'adoption
et non DONNÉ son enfant à l'adoption.
On parlera d'un enfant EN ATTENTE
plutôt qu'un enfant ADOPTABLE.
On dira CRÉER UN CONTACT avec la famille biologique
plutôt que faire référence à une RÉUNION.
On dira qu'ON A ADOPTÉ notre enfant
et non QU'IL EST ADOPTÉ.

mardi 7 avril 2009

8e étape: Début des démarches d'immigration

Avant même de connaître l'identité notre petit prince, on peut entamer les démarches d'immigration. Et oui, il ou elle arrivera au pays comme immigrant!

Normalement, le jugement d'adoption est prononcé AVANT l'arrivée d'un enfant adopté, dans son pays d'accueil, ce qui fait que les démarches de citoyenneté peuvent être démarrées pour son arrivée en sol canadien. Dans le cas de la Corée, ce jugement est pononcé dans le pays d'accueil, et donc remis entre les mains de la Cour du Québec. L'avantage majeur de cette différence dans les procédures est que nous aurons la chance d'attendre moins longtemps que des parents adoptant dans les autres pays avant d'aller le chercher, et qu'il sera déjà parmi nous depuis un moment quand tout cela sera finalisé.

Donc, comme il ne sera pas "officiellement" adopté à son arrivée, et donc que l'un de ses parents "officiels" ne sera pas citoyen canadien, il n'aura pas automatiquement la citoyenneté canadienne. Seulement une fois le jugement d'adoption prononcé pourra-t-il avoir un passeport canadien, apprendre les versions vulgaires de notre hymne national et aller voter... mais ça aussi, ça attendra...
Notre bienveillant gouvernement canadien a déjà prévu de jolis formulaires pour cette situation. Ce qui nous permet d'entamer les démarches d'immigration et de parrainage d'un immigrant, avant même de connaître son nom, son âge, son sexe, et la date de son arrivée au pays. Aujourd'hui, 7 avril, la paperasse dûment remplie par les deux futurs parents est partie pour Mississauga. Et la mention "ADOPTION" sur l'enveloppe nous assure un traitement accéléré de la demande. Une autre grosse étape de franchie. La toute dernière en fait que nous pouvions compléter avant la réception de la proposition. Maintenant, on attend passivement la suite.

lundi 6 avril 2009

1er rang !!


Vous avez bien lu. On est les tout premiers sur la liste. Une proposition a été reçue ce matin, pour le couple qui était en attente avant nous. La nôtre ne devrait vraiment plus tarder. En tout cas, il est fort à parier que ce sera la prochaine... à suivre...

dimanche 5 avril 2009

Le Jour des Arbres 식목일 (Singmogil)

Au lendemain de la guerre de Corée, en 1953, les Coréens ont fait le triste constat que leurs forêts avaient été dévastées. Le gouvernement sud-coréen s'est alors lancé dans un vaste programme de reboisement à l'échelle nationale. C'est ainsi que fut institué le Jour des arbres, pour remédier à la destruction de la flore, et de la faune qui y habite. Cette fête nationale sert maintenant à commémorer l'effort commun pour la reconstruction du pays, mais aussi à rappeler aux citoyens l'importance du respect de la nature qui les entoure. Aujourd'hui, les sud-coréens continuent de planter des arbres et des fleurs le 5 avril de chaque année. Belle tradition, non?

samedi 4 avril 2009

La Corée en voie de disparition?

Lorsqu'on parle de baisse de la fécondité et de la natalité, on cite immanquablement le "cas de la Corée du sud". En effet, le pays affiche les plus faibles taux au monde en la matière. Les Coréens ne se reproduisent plus! Par conséquent, la population vieillit, si bien qu'elle figure aussi parmi les plus âgées de la planète.

Le taux de fécondité, qui en est temporairement à 1,2 enfant par femme, a touché le creux de la vague en 2005, avec une moyenne de 1 enfant par femme! Cette récente hausse s'explique par le fait que les deux dernières années étaient propices, selon l'astrologie chinoise. Mais la lente disparition de la population coréenne est une réalité qui doit être adressée. Le problème en est un de taille, puisque les effets se font ressentir dans plusieurs domaines de la société. La baisse des naissances est une bombe à retardement qui risque d'affecter la main-d'œuvre et d'assombrir à long terme les perspectives de croissance économique. Le nombre de personnes en âge de travailler fléchit sans cesse, et la moyenne d'âge monte dangereusement. Sans compter les coûts sociétaires évidents reliés à la subsistance d'un large bassin de population âgée.

Avec une pratique en obstétrique déclinante, grand nombre de cliniques ou des médecins pratiquant des accouchements doivent se recycler, faute de patientes! Le gouvernement devra prendre des mesures et vite! Ce qui est le plus étonnant, c'est qu'il n'y a pas si longtemps, dans les années '60 et '70, le gouvernement avait dû faire campagne pour réduire le nombre de naissances avec des slogans du genre : "Garçon ou fille, un enfant, c'est suffisant !" ou "L'absence de planning familial nous mène à la misère !". Il devra maintenant choisir entre encourager vivement les naissances par des incitatifs économiques et accueillir des immigrants, parmi l'une des populations les plus homogènes du globe. De son côté, le président Lee Myung-bak dit vouloir faciliter l'accès au logement et à la propriété pour les familles nombreuses. Le gouvernement semble avoir pris conscience de la gravité du problème, mais sa politique n'a pas encore prouvé son efficacité.

Notre Prince du Pays des Matins Calmes ferait-il parti d'une nation en voie d'extinction?